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Monoxyde de carbone

Des gestes simples pour éviter les intoxications

Chaque année en France, près de 5 000 personnes sont victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone et environ 90 en décèdent.

En 2010, dans la région Rhône-Alpes, 136 épisodes d'intoxication au monoxyde de carbone ont impliqué 364 personnes intoxiquées (dans l'habitat ainsi que dans les établissements recevant du public), 3 sont décédées*.

* Source : InVS

Qu’est-ce que le monoxyde de carbone ?

Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore.
Il agit comme un gaz asphyxiant très toxique qui, absorbé en quelques minutes par l’organisme, se fixe sur l’hémoglobine.

Le monoxyde de carbone (CO) est inhalé dans l’air et absorbé par les poumons lors de la respiration.

Quelles sont les causes des intoxications au monoxyde de carbone?

 

Dans la majorité des cas, les intoxications proviennent :

  • de la mauvaise évacuation des produits de combustion (conduit de fumée obstrué ou mal dimensionné) ;
  • de l’absence de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées) ;
  • du défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les inserts, poêles, cuisinières, chauffages mobiles d’appoint ;
  • de la vétusté des appareils ;
  • de la mauvaise utilisation de certains appareils (appareils de chauffage d’appoint utilisés en continu par exemple, groupes électrogènes…) ;
  • de l’incompatibilité des différentes installations présentes dans un même logement (exemple : foyer ouvert et chaudière).

On observe souvent, lors d’accident, un cumul de défauts et d’autres facteurs cités.

 

Tous les types d’appareils, quel que soit le combustible utilisé, sont une source de monoxyde de carbone, en quantité variable selon la nature de ce combustible et la qualité de la combustion :

  • les chaudières à bois, à charbon, à gaz, ou à fioul ;
  • les chauffe-eau et chauffe-bain ;
  • les inserts de cheminées, les poêles ;
  • les chauffages mobiles d’appoint ;
  • les cuisinières à bois, à charbon, ou à gaz ;
  • les moteurs automobiles dans les garages ;
  • les groupes électrogènes à essence ou à fioul et tout moteur thermique fixe ou mobile ;
  • les appareils « de fortune » type brasero.

Des situations climatiques exceptionnelles, intempéries et grand froid, entraînent une élévation des risques et ce, d’autant plus qu’elles s’accompagnent de l’utilisation massive de chauffages de fortune pour compenser une détérioration des installations habituelles (groupe électrogène, poêle à pétrole, brasero..).

Quels sont les signes d’une intoxication par le monoxyde de carbone ?

 

Les signes d’une intoxication peu sévère au CO ne sont pas spécifiques et peuvent ressembler à ceux par exemple d’une gastro-entérite :
maux de tête, étourdissement, fatigue, nausées, vomissements.

Il peut être mortel en quelques minutes dans les cas les plus graves.

 

Les consignes de sécurité en cas d’accident dû au monoxyde de carbone sont simples :

 

  • Aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres.

  • Faire évacuer les locaux et vider les lieux de leurs occupants.

  • Appeler les secours : Pompiers (le 18), le SAMU (le 15).

  • Ne réintégrer les locaux qu'après le passage d'un professionnel qualifié qui recherchera la cause de l'intoxication et proposera les travaux à effectuer.

Que faire chez soi pour prévenir les intoxications au monoxyde de carbone ?

Lire les 10 conseils pratiques pour prévenir les intoxications au monoxyde de carbone chez soi.

La surveillance des intoxications au monoxyde de carbone en Rhône-Alpes

Le dispositif de surveillance des intoxications au CO s’intéresse aux intoxications accidentelles survenues dans l’habitat, dans un établissement recevant du public (ERP), sur le lieu de travail ou dans un véhicule en mouvement ainsi qu’aux intoxications volontaires (tentatives de suicide). Les intoxications consécutives à un incendie sont exclues car les incendies relèvent d’une stratégie de prévention spécifique.
Le dispositif régional de surveillance en Rhône-Alpes prévoit que toute personne ayant connaissance d’une intoxication au CO suspectée ou avérée la signale dans les meilleurs délais aux délégations territoriales (DT) de l’Agence Régionale de Santé (ARS) ou aux Services communaux d’hygiène et de santé (SCHS) (figure 1 du BVS de la Cire Rhône-Alpes).
La réception du signalement est assurée à l’aide d’une fiche alerte standardisée permettant de recueillir les premières informations relatives à l’intoxication au CO (moment et lieu de survenue, source suspectée, nombre de personnes exposées, hospitalisées, décédées).
Une enquête médicale est ensuite réalisée par le CTV de Grenoble. Elle vise à décrire les intoxiqués en termes de caractéristiques démographiques et médicales (signes cliniques et biologiques) ainsi qu’en termes de prise en charge thérapeutique.
Pour les intoxications survenues dans l’habitat ou en ERP, des enquêtes environnementales sont réalisées par les services environnement-santé des DT de l’ARS ou par les services communaux d’hygiène et de santé (SCHS). Ces enquêtes visent à décrire les circonstances de survenue et identifier la source de l’intoxication.
Les renseignements collectés lors des enquêtes médico-environnementales sont saisis dans une plateforme Internet sécurisée et partagée (Siroco).
La cellule de l’InVS en région Rhône-Alpes (Cire) a notamment pour mission de réaliser les analyses épidémiologiques concernant les intoxications au CO.