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Les projets

PROGRAMME RÉGIONAL CULTURE ET SANTÉ - Appel à projets 2012 Synthèse

Photographie : Projet de découverte et d’initiation aux arts du cirque développé pour des patients en 2011 au  Centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu, à Lyon (Rhône), avec la Cie Virevolt. En partenariat avec les Subsistances.

©Romain Etienne – Collectif item, 2011.

Ø       Préambule

Les appels à projets 2012 s'inscrivent dans le cadre de la convention régionale 2010-2012, la troisième depuis 2001, associant l'Agence régionale de santé (se substituant à l'Agence régionale de l'hospitalisation depuis le 1er avril 2010 avec la mise en oeuvre de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires), la Direction régionale des affaires culturelles et la région Rhône-Alpes

Cette convention réaffirme les outils et les orientations mis en place depuis 2006, et définit dans le même temps de nouveaux objectifs en cohérence avec les changements récents, impactant à la fois le milieu sanitaire et culturel.

 

La démarche reste en effet fondée sur un partenariat privilégié entre un établissement hospitalier et une structure culturelle. Elle vise à « faire de l’action culturelle en milieu hospitalier un moyen d’accompagner les transformations de l’institution dans sa culture propre et dans le rapport à son environnement ».

Par ailleurs, pour préparer l’ouverture sur d’autres champs de la santé que celui strictement hospitalier, la convention encourage la coordination des initiatives prises dans les domaines de la santé publique, de la médecine de ville, de l’hôpital et du médico-social en associant progressivement à la démarche les départements et les communes que ce soit à l’échelle des initiatives développées ou dans le cadre des collectifs de réflexion et de pilotage du dispositif. Le texte intègre également la possibilité pour les communautés hospitalières de territoires, qui seront créées dans le cadre de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires, de prendre part au dispositif.

Centré autour d'un appel à projets incitatif annuel d’une part, et d’autre part de la contractualisation pluriannuelle d’établissements durablement engagés sur 3 ans (2010-2012), le dispositif vise à inscrire de manière pérenne la préoccupation culturelle dans le secteur de la santé, tout en privilégiant un ancrage territorial des actions.

 Ø       Dossiers envoyés

54 candidatures ont été déposées dans le cadre des appels à^projets 2012 (55 en 2011, 57 en 2010 et 54 en 2009 :&nb

  • 12 candidatures dans le cadre de la contractualisation 2010-2012,
  • 42 dans le cadre l’appel à projets annuel 2012 (43 en 2011, 40 en 2010).

Ø       Lauréats 2011

Par ailleurs, après instruction des candidatures annuelles par la commission régionales Culture et Santé, 39 projets ont été retenus et seront soutenus dans le cadre de l'appel à projets  annuel 2012. Ce chiffre stagne puisque 38 projets avaient été aidés en 2011 et 2010, 39 en 2009, 24 en 2008 et 2007.

Cela signifie donc que 3 dossiers ont reçu un avis défavorable. Ils ne répondaient pas aux critères de la convention : partenariat avec des artistes amateurs, projet d’animation ou d’art thérapie, action ou thématique endogène à l’hôpital…

Au total, ce sont donc 51 projets, qui vont être subventionnés en 2011 (50 en 2011 et 2010, 51 en 2009, 37 en 2008).

Ce chiffre traduit donc un maintien du nombre de projets aidés. Il marque d’une part le maintien de la dynamique engagée et de la qualité des projets présentés sous l’impulsion des comités locaux et de l’opérateur en charge de la coordination du programme. D’autre part, il met en exergue un relatif temps d’arrêt dans son développement lié probablement au contexte économique et structurel fragile et changeant du secteur de la santé, mais également aux contraintes même du dispositif dont l’enveloppe budgétaire n’a pas augmenté depuis 2006.

Ø       Attributions

Après attribution, le montant total des projets aidés en 2012 s’élèvent à 505 774 €. Ce montant se décline en une somme de 271 000 € d’aides annuelles et 234 774 € dédié à la contractualisation. En 2011, l’enveloppe financière globale dépensée s’était élevée à 508 500 € (en 2010, 491 300 €, en 2009 à 452 000 €).

Ces chiffres montrent à la fois une hausse des demandes et des attributions octroyées, ce qui confirme le constat énoncé précédemment.

Ø       Nouveaux établissements / Nouveaux partenaires

Sur les 54 projets déposés, comme chaque année, nous pouvons identifier des mécanismes de perte, de retour ou d’arrivée d’établissements.

4 établissements ont candidaté pour la première fois à une aide du dispositif en 2012 (8 en 2011, 10 en 2010, 13 en 2009). Sur ce nombre, 3 seront soutenus : Hôpital Claude Dejean à Villeneuve-de-Berg, CH de Tarare et CH de Saint-Pierre d’Albigny (refus : Clinique Korian Bellecombe).

9 établissements, subventionnés par le passé mais absents des derniers appels à projets, font leur retour en 2012 : CH de Fleyriat à Bourg-en-Bresse, Clinique mutualiste de Lyon, Hôpital de Saint-Félicien, Hôpital privé de la Loire, Hospices civils de Lyon – Hôpital de la Croix-Rousse, Hospices civils de Lyon – Hôpital Pierre Garaud, Hôpital privé Jean Mermoz, comité local du Rhône, comité local Savoie/Haute-Savoie.
Ces établissements présentent des situations géographiques, des prises en charge et des modalités de portage de la question culturelle différentes. Toutefois, ils se heurtent tous à une gestion complexe de leur politique culturelle en terme de moyens humains et financiers (notamment l’absence de poste dévolu uniquement à cette question), ce qui explique leur difficulté à présenter un projet chaque année.
Le cas des comités locaux est un peu différent. La mise en oeuvre et le portage de projet collectif inter établissement est plus complexe et nécessite donc des temps de travail plus important.

14 établissements présents en 2011 n’ont pas présenté de candidature cette année (5 en 2011, 10 en 2010, 7 perdus en 2009).

Ce chiffre important, encore plus cette année, nous interroge toujours. Il représente probablement une variable inhérente au dispositif et au caractère mouvant de l’organisation de l’offre de soins, sur laquelle il apparaît difficile d’agir. Les causes sont diverses :

  • CH de Saint-Jean-de-Maurienne (implication dans le projet du comité local Savoie/Haute-Savoie mais établissement encore en réflexion sur la mise en place de projets en interne suite au refus de sa candidature en 2011) ;
  • Clinique Notre-Dame ORSAC (accompagnement donné à l’établissement suite au refus de sa candidature en 2011, mais dont les objectifs relèvent davantage d’une activité culturelle d’animation permanente à visée interne) ;
  • Soins et Santé (précédent projet surtout porté par l’équipe artistique) ;
  • Hôpital de Condrieu (projet 2011 encore en cours de réalisation, restitution fin avril 2012) ;
  • Hôpital de Buis-les-Baronnies (nécessité d’un temps de pause et de repositionnement de l’action culturelle entre 2 projets) ;
  • CH de Roanne (projet 2011 encore en cours de réalisation) ;
  • CH de Montbrison (difficultés de portage du projet en interne) ;
  • CH de Montélimar (inadéquation entre le programme et les objectifs de l’établissement) ;
  • Hôpital intercommunal de Rocher-Largentière (candidature en 2011 sur de l’équipement et non de l’intervention d’artistes) ;
  • Centre médical le Pontet (difficultés de portage du projet en interne) ;
  • CH de Trévoux (projet 2011 encore en cours de réalisation) ;
  • ORCET (nécessité d’un temps de pause et de repositionnement de l’action culturelle entre 2 projets) ;
  • Angeville (nécessité d’un temps de pause et de repositionnement de l’action culturelle entre 2 projets) ;
  • Hôpital de Pont-de-Veyle (nécessité d’un temps de pause et de repositionnement de l’action culturelle entre 2 projets).

 Ø       Territoires

Le bassin le plus représenté reste le Rhône avec un total de 20 projets aidés du fait notamment du poids de l’agglomération lyonnaise, de l’importance de l’offre de soins et du nombre de structures culturelles présentes sur ce territoire (17 projets annuels et 3 contractuels).

L’Isère et la Drôme/Ardèche confirment eux leur dynamisme

  • Dans l’Isère : 9 projets soutenus (5 candidatures annuelles et 4 contractuelles),
  • En Drôme/Ardèche, 7 projets soutenus (5 aides annuelles accordées et 2 contractuelles).

Le comité local Savoie/ Haute-Savoie présente un total de 6 établissements lauréats (7 en 2011, 4 en 2010 et 2009) : 5 dans le cadre annuel et 1 dans celui contractuel.

L’Ain est cette année un peu en retrait puisque seuls 4 établissements (3 dans le cadre annuel et 1 établissement contractualisé) seront soutenus en 2012 contre 8 en 2011. Il ne s’agit pas ici d’une remise en cause du dynamisme historique de l’établissement dans le programme, puisque cela est surtout induit par le choix de certains établissements de ce territoire de prendre une année de transition pour repenser et donc renforcer leur démarche.

Enfin, la Loire reste peu représentée avec 3 projets soutenus (2 dans le cadre annuel et 1 dans le cadre contractuel).

 Ø       Type de structures

Comme chaque année, les établissements soutenus relèvent majoritairement du statut public (30 établissements), mais la répartition avec les établissements ESPIC (14 établissements) ou privés (5 établissements) progresse. On peut noter que sur les 12 établissements contractualisés, la majorité relève du statut d’établissements de santé privés d’intérêt collectif (ESPIC), (7 établissements).

Contrairement aux idées préconçues en la matière et également au processus historique de développement de l’action culturelle en milieu hospitalier, la psychiatrie n’est plus la seule pathologie naturellement propice au développement culturel.
Ainsi, les établissements porteurs de projets sont aujourd’hui tout aussi bien des structures de soins de suite et de réadaptation (8 établissements), psychiatriques (13), gériatriques (10), médecine-chirurgie-obstétrique (16). Il faut toutefois relativiser ce développement des projets dans les établissements dit médecine-chirurgie-obstétrique, qui peuvent certes prendre racine dans les services de court séjour, et de plus en plus d’ailleurs, mais qui pour beaucoup restent initiés dans les services de moyen ou long séjour des structures de type gériatriques ou psychiatriques. Des initiatives originales se développent également dans des établissements de cancérologie, de dialyse…
Cette évolution montre en tout cas que le court séjour n’est plus un frein au développement de l’action culturelle. Les établissements de grande taille avec plusieurs services voir plusieurs sites sont autant présents que les établissements de taille intermédiaire ou modeste.

Ø       Type de projets

Création et diffusion de cartes postales radiophoniques autour du thème de la transformation dans un établissement psychiatrique, intervention d’artistes autour des arts de rue dans un hôpital gériatrique rural, création de courts métrages d’animation sur téléphone portable, enquête sociologique sur les actions Culture et Santé, projet inter établissements de festival de musique sur deux départements, organisation d’une séance photo détonante autour d’un cluedo revisité dans un centre hospitalier médecine-chirurgie-obstétrique, exposition sur la perception de ce que nous appelons nous la folie par quatre peuples des Amériques, création interactive, aléatoire et numérique autour de témoignages, vidéos, photographies et enregistrements sonores pour mettre en évidence des moments de rencontres entre soignés et soignants, résidence d’art contemporain dans un centre médical de soins de suite et de réadaptation, création théâtrale partagée autour du thème « Hôpital : lieu de vies ? » … Voici quelques-unes des actions qui seront développées en 2012.

Ces projets 2012 sont donc souvent pluridisciplinaires et touchent globalement tous les domaines artistiques. Il faut toutefois noter cette année une prédominance des actions autour du spectacle vivant, de la musique ou de la mémoire. Une nouvelle tendance apparaît également : celle des projets autour du son, des paysages sonores, de la radio. A la marge, quelques projets plus innovants autour de l’art contemporain ou des arts visuels numériques sont aussi initiés.

Les partenariats engagent enfin aussi bien des musées, des scènes nationales (théâtres, comédies…), des bibliothèques que des compagnies, des associations ou des artistes indépendants.

Ø       Commentaires

Les projets 2012 traduisent le dynamisme du programme : le volume des dossiers et les éléments présentés ont été plus conformes aux attentes du dispositif et aux critères énoncés dans l’appel à projets, maintien du nombre de projets aidés, hausse de la qualité des candidatures sous l’impulsion des comités locaux, répartition équilibrée du type d’établissements hospitaliers engagés que ce soit en terme de statut, de taille ou de pathologies prises en charge, richesse du réseau constitué avec le développement de projets communs entre plusieurs établissements.