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Le dispositif

Centré autour de 2 appels à projets

Le dispositif est centré autour d'un appel à projets incitatif annuel d’une part, et d’autre part de la contractualisation pluriannuelle d’établissements durablement engagés.

L'ADAPT Les Baumes, Hal Collomb,
2007, Jean-Marie Refflé

  • L’appel à projets incitatif annuel
    Chaque année, un appel à projets est adressé à tous les établissements hospitaliers de la région Rhône-Alpes fin octobre, début novembre. La date butoir de dépôt des candidatures est fixée à la mi-janvier. Seuls les établissements hospitaliers, publics, privés ou ESPIC, sont éligibles, et peuvent déposer une candidature. Cette dernière doit cependant témoigner d’un projet co construit avec une structure culturelle. Les subventions accordées dans ce cadre sont en moyenne de 8 000 €, mais peuvent aller de 1 000 € à 15 000 €.
  • L’appel à projets contractuel
    A chaque nouvelle convention, un nouvel appel à projets contractuel est lancé. Il est ouvert uniquement aux établissements hospitaliers ayant été subventionnés consécutivement sur chacune des 3 années précédant l’appel. Les établissements lauréats disposent ainsi de l’assurance d’avoir une aide du programme, dont le montant peut varier, sur la durée de la convention (entre 7 000 € et 35 000 €). Cela leur donne une plus grande liberté et un certain confort. Toutefois, ces établissements doivent tout de même rendre des comptes chaque année
Une structuration en 5 échelons

Les porteurs de projets dans les établissements.
Responsables culturels hospitaliers, attachés culturels, délégués aux affaires culturelles, chargés de mission culture… Leurs titres sont aussi variables que leurs statuts ou leurs profils. Il est donc difficile de construire une typologie exhaustive de ces porteurs de projets. Nous pouvons toutefois différencier :

  • Les créations de postes, à temps plein ou partiel,  dédiés à la gestion des projets culturels, rattachés en général à la direction générale ou à d’autres directions comme celle de la communication, et en général pourvues par des personnes issues du monde culturel.
  • Les décharges de temps octroyées à des personnes déjà en poste dans l’institution hospitalière. Ces personnes peuvent être aussi bien des soignants, des administratifs, des techniciens, des animateurs… La décharge de temps peut être modeste, 5% du temps de travail, ou plus conséquente, jusqu’à 50%.
  • Le volontariat militant. Des personnes, là aussi déjà en activité dans l’hôpital, développent des actions culturelles en sus de leurs missions professionnelles premières.

Des comités locaux
Les comités locaux sont nés en 2006 dans le cadre de la deuxième convention régionale. Échelon supplémentaire du dispositif, ces collectifs, au nombre de six, rassemblent l’ensemble des acteurs impliqués ou intéressés par des projets culturels dans le champ de la santé à l’échelle des bassins ou interbassins hospitaliers. Bien qu’à géométrie variable selon les territoires, ils réunissent, 4 à 5 fois par an, aussi bien des hôpitaux, des structures médico-sociales, des équipements culturels, des équipes artistiques, des associations que des représentants de collectivités territoriales.
Chaque conseil local est animé par un référent culturel et un référent hospitalier, dont les structures sont impliquées de manière exemplaire dans le programme régional. Ces référents ont pour mission, en outre de l’animation du comité, de favoriser la mise en relation des acteurs diversifiés de leur territoire, concernés par la démarche, d’apporter un appui méthodologique aux porteurs de projets et de suivre les actions des établissements. Les deux coordinateurs représentent également le comité local à la commission régionale de pilotage du dispositif (voir ci-dessous), où ils présentent les candidatures de leur territoire dans le cadre des appels à projets.
Les comités locaux se positionnent donc comme des courroies de transmission entre l’échelon régional et local. En facilitant la mise en réseau et en apportant un accompagnement méthodologique aux nouvelles initiatives, ils jouent ainsi un rôle fondamental dans le développement du programme. Instruments de production commune, ils offrent par ailleurs l’opportunité de réaliser des actions culturelles à plusieurs établissements. Ils permettent aux acteurs de s’informer, de partager leurs expériences, de mutualiser leurs compétences ou encore leurs actions de communication et de promotion devenant ainsi de véritable outils de réflexion et de mutualisation. Ils donnent corps au réseau « Culture et Santé » en impulsant une véritable dynamique territoriale.

Une commission régionale « Culture et Santé »
Echelon régional de réflexion et de pilotage de la démarche, elle a pour mission d’accompagner l’ensemble de la démarche, de participer à la réflexion générale d’amélioration du dispositif, de faire circuler les informations entre l’échelon régional et l’échelon du comité local et de contribuer à la sensibilisation sur le dispositif dans son milieu professionnel d’appartenance. Elle est une force de propositions et de débats.
Elle a également à donner un avis de conformité ou non-conformité sur les dossiers de candidature répondant aux appels à projets annuels. En effet, la connaissance du terrain de ses membres permet d’éclairer des dossiers parfois insuffisamment informés.
Cependant, les décisions d’attribution de subventions relèvent entièrement des institutions signataires de la convention. De même, les décisions concernant l’attribution de l’aide contractuelle triennale aux établissements relèvent exclusivement des institutions signataires.

Une structure mandatée pour coordonner et animer l’ensemble du dispositif

InterSTICES, Inter Structures Territoires Innovation Culture et Santé en Rhône-Alpes, est une association régionale de coopération sur la thématique Culture et Santé réunissant une trentaine de structures de la culture ou de la santé, et des individus acteurs de cette démarche.

Elle a pour objet de favoriser le développement d’actions culturelles dans le champ de la santé dans sa globalité, de la prévention aux soins et à l’accompagnement médico-social, et de contribuer à la réflexion et aux échanges sur cette démarche, à la reconnaissance des pratiques et des acteurs.

Elle est mandatée depuis 2012 par l’ARS, la DRAC et la Région pour coordonner l’ensemble du dispositif : mise en place des appels à projets, organisation et animation des rencontres de la commission régionale, suivi des comités locaux, accompagnement et formation des porteurs de projets, expertise technique, représentation des financeurs, communication, conception d’outils, programmation d’événements…

Les institutions signataires de la convention régionale

  • L’Agence régionale de la Santé Rhône-Alpes, et plus particulièrement la Direction de la Stratégie et des Projets ;
  • La Direction régionale des affaires culturelles Rhône-Alpes, et son service action culturelle ;
  • La Région Rhône-Alpes, et en particulier la Direction de la Culture – service Médiation et Nouveaux Publics
Un volet Observatoire-Evaluation permanent

Son objectif est d’étudier le dispositif et les expériences mises en place pour mieux réfléchir aux perspectives de développement.

En 2004, un premier bilan du dispositif ainsi qu’une évaluation qualitative des actions menées ont mis en exergue les effets significatifs de l’action culturelle et artistique, qui « bouscule les tracés habituels des frontières, des territoires et les pratiques rituelles des hôpitaux ». Ces effets de questionnement concernant des pratiques professionnelles relevant des habitus se retrouvent au sein des équipements culturels. En cela, elles génèrent de nouvelles modalités relationnelles d’une part entre les soignants et les usagers, d’autre part entre les publics et les artistes. Les projets culturels développés à l’hôpital suscitent et nourrissent des questionnements, déjà présents, sur les nouvelles coopérations internes à l’établissement, les nouvelles pratiques professionnelles à mettre en œuvre et la manière de penser le soin d’un point de vue plus humain que technique.
Cette évaluation a aussi souligné quelques manquements du dispositif en place : sentiment d’isolement des porteurs de projets, inadéquation entre les attentes du terrain et les orientations prises au niveau régional, manque de communication entre ces deux échelons… Ces constats ont ainsi donné naissance en 2006 à la commission régionale, aux comités locaux et au mandatement d’une structure pour la coordination du programme.

Entre 2006 et 2009, une seconde phase d’évaluation a été mise en place. Elle s’est déclinée en cinq axes:

  • le suivi pendant la durée du SROS de 4 établissements hospitaliers et de 4 structures culturelles,
  • le suivi des réunions de tous les comités locaux et de la commission régionale de pilotage,
  • la mise en place d’un groupe de travail permanent d’analyse de la pratique,
  • l’approche qualitative et quantitative des publics et l’approche de structures culturelles ou hospitalières hors dispositif.


Il a mis en exergue un processus d’institutionnalisation à l’œuvre de « Culture et Hôpital ». Il a par ailleurs relevé un taux de satisfaction des publics des manifestations culturelles de et à l’hôpital exceptionnel.

Depuis 2001, plus de 60 établissements de santé et environ 80 structures culturelles se sont ainsi engagés dans ce programme régional et constituent désormais un réseau dynamique. Amélioration de la trajectoire globale du patient, développement de nouvelles relations soignants-soignés ou publics-artistes, coopération accrue entre les services, questionnement des pratiques professionnelles, ouverture sur l’extérieur, accompagnement de l’hôpital dans ses changements, prise en compte de sa culture propre... Ces effets inhérents à l’action culturelle en milieu hospitalier contribuent à faire de l’hôpital un lieu de vie.